Page:Lenoir-Rolland - Poèmes épars, 1916.djvu/66

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à cheval, entre les bras de son père, galope par une nuit d’orage. Il a peur, il aperçoit une figure mystérieuse, invisible pour le père. Ce fantôme fait entendre une voix caressante pour attirer l’enfant et le gagner par de belles promesses. Que ne pouvons-nous citer ici l’admirable musique de Schubert ?

Abbé Danglard.


Baour-Lormian a composé sur le même sujet une ballade bien digne de figurer à côté du célèbre morceau de Goethe : Les Sylphes :

La superstition qu’exalte le silence
Sur le mortel crédule à minuit se balance :
L’enfant du nord, errant au sein des bois profonds,
Des esprits lumineux, des sylphes vagabonds,
Rois au sceptre de fleurs, à l’écharpe légère,
Voit descendre du ciel la foule mensongère :
Dans la coupe d’un lis tout le jour enfermés,
Et le soir s’échappant par groupes embaumés,
Aux rayons de la lune ils viennent en cadence
Sur l’émail des gazons entrelacer leur danse,
Et de leurs blonds cheveux, dégagés de liens,
Les zéphyrs font rouler les flots aériens.
O surprise ! bientôt, dans la forêt antique,
S’élève, se prolonge un palais fantastique.
Immense, et rayonnant du cristal le plus pur.
Tout le peuple lutin, sur ses parvis d’azur,
Vient déposer des luths, des roses pour trophées,
Vient marier ses pas aux pas brillants des fées,
Et boire l’hydromel qui pétille dans l’or,
Jusqu’à l’heure où du jour l’éclat douteux encor,
Dissipant cette troupe inconstante et folâtre,
La ramène captive en sa prison d’albâtre.

Tout le monde connaît la délicieuse poésie de Reboul, l’Ange et l’Enfant, un des chefs-d’œuvre de notre langue.