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ENFANCE

aventureuses. Elle était auprès de lui, lors de la scène du coup de pistolet, à Bruxelles. Elle habitait avec lui, à Boulogne-sur-Seine, à son retour de Belgique, et dans les dernières années de sa vie, elle s’était logée rue de la Roquette, puis rue Moreau, près la Cour Saint-François, où campait Verlaine, dans une arrière-boutique de marchand de vins.

Sa mort, survenue le 21 janvier 1886, acheva de désemparer le pauvre isolé. Le mois de janvier fut particulièrement funèbre pour la famille : M.Verlaine père fut enterré le 1er janvier ; sa femme, le 23 ; Verlaine, le 10 janvier, et enfin Charles de Sivry, son beau-frère, est mort également en janvier.

La mort de sa bonne mère laissa Paul bien seul désormais, véritablement abandonné, déraciné du cœur, en proie à toutes les excitations de l’ivresse, à tous les désordres de la vie de bohème, aux fréquentations mauvaises, aux acoquinages dégradants, à la misère, et à la maladie.

La première jeunesse de Verlaine, entremêlée de séjours, soit à Fampoux, chez les Dehée, soit à Lécluse, chez les Dujardin, soit à Paliseul, dans le Luxembourg belge, chez sa tante Grandjean, s’écoula aux Batignolles, et dans une institution du IXe arrondissement (alors IIe), quartier Saint-Georges.

Le capitaine Verlaine, sa démission donnée, était, en effet, venu s’installer à Paris ; d’abord, pour attendre son mobilier, il se logea dans un hôtel meublé de la rue des Petites-Écuries. Paul Verlaine avait sept ans, et sa première impression de Paris, qu’il a consignée, avec une précision peut-être de seconde vue, et sans doute plus imaginée que gardée dans la mémoire, ne fut pas favorable. Il trouvait triste « ce lacis de hautes maisons,