Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/251

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

teras d’avoir poussé trop loin un homme au désespoir.

Ton mari,
AUDLEY STERNFIELD. »

La teneur de ce billet et l’impudence dont Sternfield faisait preuve en y mettant la signature qui s’y trouvait, donnèrent à l’infortunée Antoinette la conviction que son mari n’était pas d’humeur à patienter, et d’une main tremblante elle mit le petit message en morceaux. Son agitation était si visible, qu’Evelyn ne manqua pas de faire une foule de suppositions sur les causes qui pouvaient l’avoir provoquée, car il avait vu Sternfield remettre la note en question à madame d’Aulnay qui avait fait mine de décliner la missive, mais qui, à force de menaces, avait fini par se la laisser imposer.

— Quelle liaison secrète peut donc exister entre ce beau vilain et cette jeune fille innocente ? se demanda-t-il plusieurs fois. Assurément ce ne peut être l’amour, car à part la dénégation formelle qu’elle m’a faite de l’existence de ce sentiment, du moins en ce qui la concerne, sa contenance ne trahissait nullement de l’amour quand il s’est approché d’elle. Eh ! bien, je vais exercer une surveillance active afin de lui rendre service et la protéger contre les dangereux artifices de cet homme.

S’apercevant que sa compagne cherchait évidemment à être seule, il lui dit quelque mots indifférents