Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/305

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— Et cependant, n’est-il pas beau, charmant, envié des hommes et admiré des femmes ? répondit avec une teinte d’amertume qui ne fit que confirmer Louis dans la pensée que, quel que fut le lien l’attachât à Sternfield, ce n’était pas celui de l’amour.

— J’avoue qu’il possède toutes les qualités que vous dites, mais je crois qu’il lui en manque encore beaucoup. Quelle que soit la patience avec laquelle les femmes supportent les humeurs maussades et les airs renfrognés après le mariage, elles les tolèrent rarement avant.

— Parce que, probablement, elles ont alors in remède et peuvent renvoyer l’amoureux-tyran… Mais voici s’approcher celui qui fait l’objet de vos doutes.

— Oui, et avec un front chargé d’un nuage orageux, pensa Louis.

Audley s’avançait en effet avec un air sévère. Passant sans cérémonie devant le jeune Beauchesne, il vint dire à mi-voix à Antoinette :

— Jusques à quand veux-tu Continuer à te rendre ridicule en flirtant avec le freluquet écervelé qui est à tes côtés ?

— Que voulez-vous dire, Audley ? demanda-t-elle en se retournant et en rougissant vivement.

— Je vais vous expliquer cela, si vous voulez me favoriser de la prochaine danse, répondit-il en prenant d’une clef plus haut.

— Mademoiselle de Mirecourt est engagée avec moi, dit Louis sèchement.