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LA DOUBLE VIE DE THÉOPHRASTE LONGUET

moment, d’avoir été le comte de Charolais, « qui se distinguait par ses débauches et tuait à coups de carabine les couvreurs sur les toits ». Il fut, pendant quarante-huit heures, le cardinal de Polignac, qui le dégoûta quand il apprit qu’il avait les faveurs de la duchesse du Maine. Certes, il finissait bien par trouver en quelque coin de l’Histoire une figure sympathique que les écrivains de l’époque paraient des plus engageantes couleurs et gratifiaient des plus solides vertus, mais il se voyait bientôt obligé de délaisser cette figure comme il avait fait des précédentes, car à toutes il manquait ces deux choses principales : d’avoir été enfermées à la Conciergerie en 1721 et d’avoir été trahies le 1er avril.

Cependant, il venait de découvrir, dans le Journal de Barbier, un bâtard du Régent qui allait peut-être faire son affaire, quand il se produisit des événements qui le précipitèrent dans une stupeur voisine de la consternation.

Il nous faut un instant quitter Paris et nous rendre avec M. Théophraste Longuet dans cette petite propriété des bords de la Marne qu’il commençait d’occuper aux premiers rayons du soleil de juillet. Il s’y était fait, cette année, précéder de Marceline et de son ami Adolphe, qui avaient mission de tout aménager pour la définitive villégiature. Aussi, ces jours derniers, avait-il pu en toute sécurité et en toute paix, seul à Paris, vaquer aux occupations inaccoutumées que lui donnait son nouvel État dans le Monde.

Nous prendrons le train à la gare de l’Est avec Théophraste et n’aurons garde d’user de notre droit d’historiographe pour pénétrer avant lui dans la « Villa Flots d’Azur » qui dressait ses murs blancs et ses tuiles rouges sur le coteau vert d’Esbly. Nous n’aurons garde,