Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/210

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reste presque stationnaire pendant un siècle ; il augmente plus rapidement de 1810 à 1831, l’accroissement du nombre des habitants est de 30 p. 100 en vingt ans ; de 1831 à 1846 le progrès est plus accentué encore ; mais jamais il ne l’a été comme dans la période de 1846 à 1880 c’est alors que toutes les causes naturelles et artificielles que nous avons énumérées opèrent avec une énergie sans pareille L’annexion de la banlieue n’explique rien, puisque la banlieue n’a commencé à se peupler que vers 1830, et qu’il s’est formé autour de la banlieue ancienne, aujourd’hui partie intégrante de la ville, une banlieue nouvelle dont la population dépasse celle qu’avait la première.

Les autres principales villes de France ont bénéficié d’un progrès analogue à celui de Paris, quoique moindre. En dehors de sa capitale la France compte aujourd’hui huit villes ayant plus de cent mille habitants Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Toulouse, Saint-Étienne, Nantes et Rouen. Toutes les huit n’avaient ensemble que 303, 000 âmes en 1789, elles en comptaient 1,444,000 en 1872, et près de 1, 600, 000 en 1876. Elles avaient donc triplé en quatre-vingt-sept ans. Lyon était passé de 139,000 âmes en 1789 à 342,000 en 1876 Marseille, qui n’avait que 76, 000 habitants à la première de ces dates, en comptait 318,000 à la seconde ; Bordeaux offrait à ces deux époques les chiffres respectifs de 83,000 et de 215,000. Pour les ports de mer il y a des causes exceptionnelles d’accroissement le développement du commerce extérieur et l’avantage qu’ont certaines industries à s’établir sur les côtes. Le plus merveilleux exemple d’augmentation de population en France nous est fourni par Saint-Étienne que l’exploitation des mines de houille et la métallurgie ont transformée de petite ville en grande cité manufacturière de 9,000 âmes en 1789, elle s’est élevée à 126,000 en 1876. Lille s’est presque aussi rapidement accrue elle comptait, lors du dernier recensement (1876), 162,700 habitants au lieu de 13,000 en 1789[1] ; si l’on y joi-

  1. Nous empruntons ce chiffre à un tableau publié par l’Économiste français du 3 mars 1877. Lille était déjà à la fin du dernier siècle une ville d’une cer-