Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/26

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— Allons, ne te fâche pas. Je viendrais, puisqu’il n’y aurait pas moyen de faire autrement ; mais je te parie que l’individu serait écrabouillé avant d’entrer dans son palais.

— Il n’y a pas moyen de raisonner avec toi, Huck ; tu as la tête trop dure.

Je pensai à tout cela pendant deux ou trois jours ; puis je me décidai à en avoir le cœur net. Après m’être procuré une vieille lampe d’étain et un anneau de fer, je les frottai jusqu’à me casser presque les bras. Mon idée était de bâtir un beau palais que j’aurais donné à la veuve, à la condition qu’elle renoncerait à me civiliser. Cela ne me servit à rien. Aucun génie ne se montra. Je restai persuadé que Tom croyait aux Arabes et aux éléphants, mais que sa caravane était bien une école du dimanche.

À la suite de cette mémorable aventure, la plupart des voleurs de grand chemin, honteux d’avoir été dispersés par une vieille dame armée d’un simple parapluie, donnèrent leur démission, et, en dépit des remontrances du capitaine, je suivis leur exemple.