Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/77

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Huck vise un rat.

Sa réponse me remit à mon aise, mais je n’osai pas encore la regarder en face. J’aurais bien voulu m’en aller. Mon embarras fut de courte durée. L’instant d’après, elle me parla d’autre chose. Elle se plaignit de son mari, qui n’avait pourtant qu’un seul défaut : la passion du jeu. C’est pour cela qu’elle était réduite à habiter une maison où les rats semblaient se regarder comme chez eux. J’ignore si elle avait raison de blâmer son mari. Pour les rats, je ne pouvais pas lui donner tort. La chandelle n’éclairait pas assez pour leur faire peur et à chaque instant on les voyait se montrer à l’entrée de leurs trous.

— Une voisine m’a donné un beau chat, reprit mon hôtesse, et il s’est sauvé au bout d’une heure. Il aura eu peur d’être mangé. Je suis obligée d’avoir sans cesse sous la main quelque chose à leur lancer, sans quoi