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de Fernand Mendez Pinto.

nous eſtions hommes deſquels Dieu auoit vn ſoing particulier, choſe que la femme du Chifuu promit de faire aucc beaucoup de paroles de remerciement & de courtoiſie pour le preſent qu’elle auoit receu. Cependant durant les cinq iours que nous fuſmes en ſa maiſon par ſept diuerſes fois nous fiſmes le Catechiſme aux Chreſtiens, dont ils furent tous grandement encouragez, meſme Chriſtofle Boralhe leur fiſt vn petit liuret en lettre Chinoiſe dans lequel il leur laiſſa par eſcript le Pater noſter, l’Aue Maria, le Credo, le Salue Regina, les Commandemens de Dieu, & pluſieurs autres Oraiſons fort bonnes. Apres ces choſes nous priſmes congé des Chreſtiens & d’Inez de Leyria, de qui l’on ne pouuoit mettre en doute que ce ne fuſt vne vraye Chreſtienne ſelon ce que nous en pûſmes iuger par les coniectures, durant ce peu de temps que nous fuſmes en ſa maison. Ces Chreſtiens nous donnerent cinquante Taeis d’aumoſnes, qui depuis nous ſeruirent bien pour remedier à beaucoup d’incommoditez que nous euſmes, comme ie diray cy-apres ; ioint que cette meſme Inez de Leyria nous donna en cachette autres cinquante Taeis, nous priant fort humblement de nous ſouuenir d’elle en nos prieres addreſſées à noſtre Seigneur, puiſque nous voyons ayſément combien grand beſoin elle en auoit.




De l’origine & du fondement de cét Empire de la Chine, enſemble d’où ſont venus les premiers qui l’ont peuplé.


Chapitre XCII.



Apres noſtre partement de la ville de Sampitay, nous continuaſme noſtre route par la riuiere de Batanpina, iuſqu’à vn lieu qui ſe nommoit Lequinpau, peuplé de dix ou douze mille feux, & grandement bien baſty, du moins nous le iugions ainſi par les apparences ; ioint qu’il eſtoit enclos de