Page:Lettre aux citoyens de couleur et nègres libres de Saint-Domingue, et autres isles françoises de l’Amérique.djvu/7

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le cœur des François d’Europe, car ceux-ci ont un cœur.

Dieu, dans sa tendresse, embrasse tous les hommes ; son amour n’admet de différence que celle qui résulte de l’étendue de leurs vertus ; la loi qui doit être une émanation de l’éternelle justice, pourroit-elle consacrer une prédilection coupable, et la patrie, qui surveille tous les membres de la grande famille y pourroit-elle être la mère des uns, la marâtre des autres ?

Non, messieurs, vous ne pouviez échapper à la sollicitude de l’assemblée nationale. En déroulant aux yeux de l’univers la grande charte de la nature, elle y a retrouvé vos titres : on avoit tenté de les faire disparoitre ; heureusement les caractères en étoient ineffaçables, comme l’empreinte sacrée de la divinité gravée sur vos fronts.

Déjà le 28 mars 1790, dans son instruction pour les colonies, l’assemblée nationale avoit compris sous une dénomination commune et les blancs et les sangs-mêlés. Vos ennemis ont voulu faire mentir le papier, en imprimant le contraire ; mais il est incontestable que quand alors je demandai que nominativement vous y fussiez compris,