Page:Lettre aux citoyens de couleur et nègres libres de Saint-Domingue, et autres isles françoises de l’Amérique.djvu/9

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ils ne cessoient de répéter des objections et des calomnies cent fois pulvérisées. Que de fois, les pervers, ils nous ont accusés d’être vendus aux Anglois, soudoyés contre la France, par les Anglois, de vous avoir adressé des lettres incendiaires et envoyé des armes ! Vous le savez, mes amis, combien elles sont lâches et atroces, ces impostures, nous qui vous avons prêché sans cesse l’attachement à la mère-patrie, la résignation, la patience, en attendant le réveil de la justice. Rien n’a pu attiédir notre zèle ni celui de vos frères sang-mêlés qui sont à Paris. M. Raimond, sur-tout, s’est voué d’une manière héroïque à votre défense. Avec quel transport vous eussiez vu ce citoyen distingué, à la barre de l’assemblée nationale, dont il mérite d’être membre, présenter le tableau déchirant de vos malheurs, et réclamer énergiquement vos droits ! Si l’assemblée les eût sacrifiés, elle eût flétri sa gloire. Le devoir lui commandoit de décréter avec justice, de s’expliquer avec clarté, de faire exécuter avec fermeté, elle l’a fait ; et si (ce qu’à Dieu ne plaise) quelque événement caché dans le sein de l’avenir, nous arrachoit nos colonies, ne vaudroit-il