Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/345

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défendre avec sept ou huit mille hommes, on en sema des centaines impossibles à garnir. L’erreur générale fut de croire qu’on serait attaqué de front, tandis que les Versaillais exécutèrent partout des mouvements tournants.

Le soir, la ligne versaillaise s’étend de la gare des Batignolles à l’extrémité du chemin de fer de l’Ouest rive gauche, en passant par la gare Saint-Lazare, la caserne de la Pépinière, l’ambassade anglaise, le Palais de l’Industrie, le Corps législatif, la rue de Bourgogne, le boulevard des Invalides et la gare Montparnasse.

Il n’y a devant l’envahisseur que des embryons de barricades. Qu’il crève d’un effort cette ligne encore si faible et il surprend le centre tout à fait dégarni. Ces cent trente mille hommes n’osèrent pas. Soldats et chefs eurent peur de Paris. Ils crurent que les rues allaient s’entr’ouvrir, les maisons s’abîmer sur eux, témoin la fable des torpilles, des mines d’égouts, imaginée plus tard pour justifier leur indécision [1]. Le lundi soir, maîtres de plusieurs arrondissements, ils tremblaient encore de quelque surprise terrible. Il leur fallut toute la tranquillité de la nuit pour revenir de leur conquête et se convaincre que les comités de défense n’avaient rien prévu ni rien préparé.


  1. Appendice XVII.