Page:Liszt - F. Chopin, 1879.djvu/79

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obligés ! Mais aussi, que de paroles menteusement riantes, que de vœux, que de désirs, que de vagues espoirs y furent négligemment livrés au vent, comme le mouchoir de la danseuse jeté au souffle du hasard… et qui n’ont point été relevés par les maladroits !…

Chopin a dégagé {’inconnu de poésie, qui n’était qu’indiqué dans les thèmes originaux des Mazoures vraiment nationales. Conservant leur rhythme, il en a ennobli la mélodie, agrandi les proportions ; il y a intercalé des clairs-obscurs harmoniques aussi nouveaux que les sujets auxquels il les adaptait, pour peindre dans ces productions qu’il aimait à nous entendre appeler des tableaux de chevalet, les innombrables émotions d’ordres si divers qui agitent les cœurs pendant que durent, et la danse, et ces longs intervalles surtout, où le cavalier a de droit une place à coté de sa dame dont il ne se sépare point.

Coquetteries, vanités, fantaisies, inclinations, élégies, passions et ébauches de sentimens, conquêtes dont peuvent dépendre le salut ou la grâce d’un autre, tout s’y rencontre. Mais, qu’il est malaisé de se faire une idée complète des infinis degrés sur lesquels l’émotion s’arrête ou auxquels atteint sa marche ascendante, parcourue plus ou moins longtemps avec autant d’abandon que de malice, dans ces pays où la mazoure se danse avec le même entraînement, le même abandon, le même intérêt à la tois amoureux el patriotique, depuis