Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/136

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ÉVANGÉLINE

Et le père Félix oublia, cette fois,
La prise de tabac qu’il tenait dans ses doigts.
Mais il reprit bientôt, le souris sur les lèvres :
« Défiez-vous, pourtant, défiez-vous des fièvres ;
« Elles sont bien à craindre en ces brûlants climats.
« Comme dans l’Acadie on ne les guérit pas
« En mettant à son cou, pendant une journée,
« Une écale de noix avec une araignée. »


Pendant que les amis causaient tranquillement,
Des pas sur l’escalier montèrent lentement :
Et l’on ouït aussi d’indistinctes paroles.
C’étaient des invités : quelques pâles créoles
Et quelques Acadiens devenus des planteurs,
Loin du joug odieux de leurs persécuteurs,
Sur le sol fortuné qui leur offrit asile.
Ils venaient visiter leur bon ami Basile.