Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/105

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



III


13 avril.

« Où demeure M. de Balzac ? Comment me renseigner ? Je suis entrée ce matin chez son éditeur et j’ai posé la question. Un employé m’a dit : « Qui êtes-vous ? » et comme je n’osais pas me nommer, il m’a répondu grossièrement :

« — Ah ! alors, une créancière ? Eh bien ! si on vous demande l’adresse de Balzac, vous direz que vous ne la savez pas.

« Je suis partie… À mon hôtel on ne connaît pas même le nom de ce monsieur. Il n’est pas si célèbre que Mina me l’avait dit.

« Et cependant ses romans sont chez tous les libraires. J’ai vu, ce soir, la Torpille au Palais-Royal et je me suis enfuie en me cachant. Il me semble toujours que les passants me dévisagent, qu’ils me reconnaissent dans les rues… »


IV


15 avril.

« Enfin je sais. M. de Balzac : aux Jardies, Sèvres, sur la route de Ville-d’Avray, après l’arcade du chemin de fer.

« J’irai demain matin de bonne heure, pour être certaine de le trouver chez lui.

« Ah ! aurai-je assez de courage ? »