Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/60

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arcas

Comment serais-tu ainsi presque nue dans mes bras si je n’étais pas déjà presque ton époux ?


melitta

Mais non, tu ne l’es pas ; laisse-moi, laisse-moi, j’ai peur, va-t’en, je ne te connais pas ; laisse-moi, tes mains me font mal, laisse-moi, je ne te veux pas !


arcas

Pourquoi me parles-tu, petite fille, avec la bouche de ta mère ?


melitta

Non, ce n’est pas elle, c’est moi qui te parle. Je suis sage ; laisse-moi, chevrier. J’aurais honte de faire comme Naïs, ou comme Philyra ou Chloë qui n’attendirent point le jour de leurs nonces pour apprendre les secrets d’Aphrodite et enfanter mystérieusement. Non, non, je ne te céderai pas ! tu peux déchirer ma tunique, je ne te céderai pas, chevrier ! je m’étranglerais plutôt de mes mains.


arcas

Pourquoi encore ? Et que t’ai-je fait ? J’ai touché cette tunique, je ne l’ai pas déchirée. J’ai baisé ta ceinture, je ne l’ai pas dénouée. Eh bien,