Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/62

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que tu m’aurais enfermé toutes les nuits, et que sur le lit blanc de mon manteau étendu, nos deux cœurs auraient battu éternellement l’un contre l’autre.


melitta

Oh ! laisse-moi pleurer encore…


arcas

Loin de moi ?


melitta

Dans tes bras… dans tes yeux…


arcas

Mon amour… Le soir monte, et la lumière s’en va, comme un être ailé, vers le ciel… La terre est déjà noire. On ne voit plus au loin que la longue voie lactée du ruisseau qui scintille comme un fleuve d’étoiles autour de notre champ… Mais c’est trop de clarté…


melitta

Oui, c’est trop… conduis-moi.


arcas

Viens… Le bois où nous nous glissons entre les branches caressantes est si profond que, même le jour, les divinités en ont peur. On ne voit jamais dans les sentiers les doubles sabots des satyres