Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/80

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Périclès et la stratégie d’Alexandre, ont-ils reconstitué la science d’Aspasie et de Thaïs ? Savent-ils si la tombe où repose la poussière fine de Phryné n’a pas enfermé pour toujours le secret d’une volupté perdue ?

Cette tradition, je l’ai encore. Veux-tu la connaître ? Je te l’abandonne…


III


Quelles que soient les curiosités des jeunes filles qui liront ce fragment de mémoires, je ne pousserai pas plus avant la description de ce qui suivit : d’abord parce que j’ai déjà écrit, sur les documents de Callistô, tout un livre qui est Aphrodite, et ensuite parce qu’une certaine réserve me retiendrait peut-être encore, à présenter, sous une forme personnelle, le détail d’une nuit excessive.

Callistô mit pied à terre vers midi. Elle me fit observer avec douceur que le soleil était levé déjà, et que, par la faute d’un éclairage perfectionné, nous ne nous en étions pas aperçus.

— Vous détruisez la Nuit ; vous ne connaissez plus l’Aube, dit-elle d’une voix triste. Autrefois, le spectacle des lueurs du matin était la récompense des longues veilles épuisantes. Maintenant, vous passez votre vie dans une lumière monotone et vous ne savez même plus regarder les Ténèbres.