Page:Louis Delaporte - Voyage d'exploration en Indo-Chine, tome 1.djvu/35

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Les approvisionnements de toute nature de l’Expédition étaient répartis en cent quarante colis environ, très-maniables de forme et de poids, dont voici le détail :

24 barils de vin contenant ensemble 766 litres ;
 8 barils d’eau-de-vie contenant ensemble 302 litres ;
15 caisses de farine contenant ensemble 312 kilos ;
15 caisses de biscuit contenant ensemble 270 kilos ;
13 caisses de conserves et autres denrées alimentaires, contenant ensemble 208 kilos ;
 4 caisses d’outils divers, lignes de sonde, toile à voile, etc. ;
 1 caisse d’instruments ;
15 caisses d’objets d’échange ou cadeaux (fusils, revolvers, montres, étoffes, joujoux, gravures, longues-vues, coutellerie, laiton, plomb, etc.) ;
45 colis comprenant le bagage des officiers et les objets de couchage et de gamelle.

Enfin les ressources pécuniaires de l’expédition s’élevaient à 25 000 francs, dont 10 000 francs en piastres mexicaines, et 15 000 francs en lingots d’or et monnaies siamoises.

Les instructions remises par le gouverneur de la colonie au commandant de Lagrée portaient la date du 25 mai. En voici le texte.


Monsieur le Commandant,

Son Excellence le ministre de la Marine a soumis à l’Empereur un projet de voyage pour l’exploration du Mékong, et Sa Majesté a bien voulu autoriser l’exécution de ce projet dans les conditions générales d’organisation que j’avais présentées.

Je vous ai désigné pour prendre le commandement de cette Expédition, dont les résultats peuvent avoir une importance considérable pour l’avenir de notre colonie, et apportera la géographie et aux sciences naturelles les plus utiles renseignements.


BUT DE L’EXPÉDITION

Avant d’entrer dans le détail des instructions qui devront vous servir de règle, je veux préciser le but essentiel de ce voyage et son mode particulier d’organisation. Il importe en effet que vous soyez pénétré de mes intentions à cet égard et que vous les fassiez connaître aux officiers qui vous accompagneront, afin de prévenir toute déviation qui porterait préjudice aux résultats que j’attends.

Nous connaissons le cours du Mékong depuis son embouchure jusqu’aux rapides de Sambocsombor[1]. Au delà, nous n’avons que les renseignements vagues et contradictoires fournis par les indigènes et quelques fragments de relations incomplètes ou fort anciennes. Au-dessus de Luang-prabang, dernier terme du voyage de Mouhot, nous savons moins encore, et les notions recueillies ne semblent avoir aucune valeur sérieuse. Enfin, nous ignorons en quels lieux le fleuve prend naissance.

On peut donc dire que le Mékong nous est inconnu. Et cependant ce fleuve, le plus grand de

  1. Immédiatement au-dessus de Cratieh.