Page:Louis Delaporte - Voyage d'exploration en Indo-Chine, tome 1.djvu/38

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Une fois par mois au moins, chaque membre de l’Expédition résume ses derniers travaux et remet ce résumé au chef, qui en prend connaissance et les annote autant que possible. S’il se présente une occasion favorable pour communiquer avec la Cochinchine, tous ces documents et le résumé général du chef sont adressés au gouverneur.


PUBLICATION AU RETOUR DE L’EXPÉDITION

Les résumés, le journal de l’Expédition, les documents indigènes recueillis, les cartes et dessins, les collections faites appartiennent à l’État, et, au retour de l’Expédition, sont remis au gouverneur qui apprécie l’opportunité de la publication de ces pièces, et décide dans quelles limites et par quel mode cette publication peut être faite.

Les publications ne peuvent avoir lieu qu’après le retour de l’Expédition.

Pendant le cours du voyage, les membres de la Commission ne livreront à la publicité aucun document, aucun récit particulier, aucune appréciation personnelle, et s’engageront à faire tout leur possible pour que leurs correspondances particulières ne soient pas publiées.

Si l’un d’eux croyait avoir des motifs plausibles pour déroger à cette règle, il remettrait son travail au chef de l’Expédition ; celui-ci l’enverrait au gouverneur, en émettant son opinion sur l’opportunité.

Si, au retour, le gouverneur autorise la publication du travail de l’un des membres, aucune modification n’y sera apportée sans son consentement, et il pourra lui-même le revoir et le corriger.


HIVERNAGE DE 1866, LAOS INFÉRIEUR

La saison des pluies étant commencée, vous devez renoncer à parcourir une grande distance en 1866 ; l’état des routes, la violence des courants, le danger des fièvres ne vous le permettraient pas. Mais il vous est possible d’employer le temps en passant l’hivernage sur les bords du fleuve, dans la contrée qui s’étend au-dessus des rapides de Samboc-sombor jusqu’à Bassac, ou même jusqu’à Oubôn.

Cette combinaison présente un double avantage : elle permet d’étudier complètement la région avec laquelle nous sommes immédiatement en contact, elle vous met en position de préparer le voyage de 1867 sur des renseignements plus certains, et d’attendre les assurances des dispositions plus ou moins favorables, pour l’Expédition, des puissances asiatiques dont elle traverse les possessions ou les dépendances.

Vos premières études devront porter sur les rapides de Sombor, qu’il importe de connaître avec soin.

À cette époque de l’année, les eaux n’ont point encore atteint la moitié de leur crue, et il vous sera peut-être possible, d’après la position et la hauteur des roches apparentes, d’apprécier si aux grandes eaux la route serait praticable pour une canonnière ou une chaloupe à vapeur. Dans ce cas, vous feriez établir avec le plus grand soin le tracé du chemin à suivre, en y joignant les indications nécessaires.

À Stung-treng vous rencontrerez la rivière d’Attopeu qui met en communication les marchés importants de ces deux villes ; vous visiterez Attopeu, si la saison le permet.

Une seconde branche de la rivière vient du Sud et traverse le territoire de plusieurs tribus importantes qui sont en relation avec les peuplades de nos frontières. Vous porterez une attention particu-