Page:Louis Hachette - Instruction populaire et suffrage universel, 1861.djvu/19

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Parmi ces moyens, le plus puissant est la diffusion de toutes les idées saines qui peuvent fortifier les bons instincts et étouffer dans leur germe les mauvaises passions.


X


Le gouvernement a compris depuis longtemps l’utilité de cette moralisation et de cette culture intellectuelle des masses.

Les ministères de l’intérieur et de l’instruction publique ont patronné et encouragé plusieurs entreprises de bibliothèques communales. Mais les résultats n’ont guère répondu à leur attente. D’abord personne n’ignore que ces entreprises sont en général de véritables spéculations sur les ressources communales. Les bons livres ne se commandent pas et ne se font pas à prix d’argent. La science même est insuffisante pour les produire. Ils naissent dans certaines circonstances et quand le besoin s’en fait sentir. Il se trouve alors des écrivains, quelquefois inconnus, qui comprennent vivement ce besoin, l’étudient sous toutes ses faces et produisent en silence l’œuvre destinée à le satisfaire. Au lieu de faire fabriquer hâtivement et par des plumes inexpérimentées un nombre quelconque de livres pour l’instruction du peuple, l’administration devrait faire rechercher avec soin ces œuvres écloses naturellement, qui se répandant toutes seules grâce à leur valeur réelle et à leur opportunité, ont obtenu sans bruit et