Page:Louis Napoléon Bonaparte - Histoire de Jules César, tome 1, Plon 1865.djvu/191

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lui ce glorieux protectorat de la Grèce, si longtemps un objet d’envie pour les successeurs d’Alexandre.


Guerre contre Antiochus (563).

VIII. La politique du sénat avait consisté à faire de la Macédoine un rempart contre les Thraces, et de la Grèce elle-même un rempart contre la Macédoine. Mais si les Romains avaient affranchi la ligue Achéenne, ils n’entendaient pas créer une puissance ou une confédération redoutable. Alors, comme autrefois, les Athéniens, les Spartiates, les Béotiens, les Étoliens, puis les Achéens, s’efforçaient chacun de constituer une ligue hellénique à son avantage ; et chacun, aspirant à dominer les autres, se tournait alternativement vers ceux dont il espérait dans le moment l’appui le plus efficace. Dans la presqu’île hellénique proprement dite, les Étoliens, au territoire desquels le sénat avait promis de joindre la Phocide et la Locride, convoitaient les villes de Thessalie que les Romains leur refusaient opiniâtrement.

Ainsi, quoique remis en possession de leur indépendance, ni les Étoliens, ni les Achéens, ni les Spartiates n’étaient satisfaits ; ils rêvaient tous des agrandissements. Les Étoliens, plus impatients, formèrent, en 562, trois tentatives à la fois contre la Thessalie, l’île d’Eubée et le Péloponnèse. N’ayant réussi qu’à se saisir de Démétriade, ils appelèrent Antiochus III en Grèce afin de le placer à la tête de l’hégémonie qu’ils cherchaient vainement à obtenir des Romains.

La meilleure partie de l’immense héritage laissé par Alexandre le Grand était échue à ce prince. Déjà, depuis plusieurs années, Flamininus lui avait fait déclarer qu’il était de l’honneur de la République de ne point abandonner la Grèce, dont le peuple romain s’était hautement proclamé le libérateur, et qu’après l’avoir soustraite au joug de Philippe le sénat voulait maintenant affranchir de la domination