Page:Luzel - Contes bretons, Clairet, 1870.djvu/17

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tous les pays, plus ou moins altérés et modifiés, suivant le génie des peuples. — D’autres sont pour une traduction rigoureusement fidèle et littérale. Ils voudraient qu’on traitât les textes des contes bretons avec le même respect qu’un texte d’Homère ou de Virgile, et qu’on reproduisit avec une exactitude absolue les paroles mêmes, — ipsissima verba, — du conteur.

Il me semble que ces derniers accordent une importance exagérée au texte, dans cette question, et que ce qu’il y a de vraiment important dans ces traditions orales du peuple, ce n’est pas la forme, mais bien le fond, la fable, qu’il convient de traiter avec un respect absolu. Enfin, à mon sens, c’est avant tout une question scientifique, mythologique le plus souvent, — mais non philologique ou grammaticale. Cette fidélité rigoureuse, ce mode de traduction presque mot-à-mot est possible, désirable même, pour les les chants populaires où la forme est précise et bien arrêtée, — en ce sens du moins que la même personne chante toujours les mêmes chansons de la même manière. Mais il n’en est pas ainsi pour les contes. Chaque récit varie sensiblement, dans la forme au moins, suivant le conteur ; et quelquefois aussi chaque conteur a deux ou trois manières différentes de débiter le même récit, suivant la composition de son auditoire. Le collecteur, ou l’éditeur, est nécessairement appelé à intervenir parfois, pour élaguer certains détails, ajouter par-çi par-là, un mot, une phrase complétive ou destinée à ménager une transition, ce dont les conteurs populaires se montrent ordinairement assez peu soucieux.

— C’est pour cela que, sans jamais m’écarter bien sensiblement du texte breton, et en ayant toujours un