Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/156

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— Eh bien ! quel nom ?

— Il m’a dit qu’il s’appelait le Messager du Diable et le Carillon d’Enfer !

— Vraiment ?... C’est un singulier nom ; mais, peu importe le nom, après tout ; il me plaît et cela suffit. Dites-lui de venir me parler.

La femme de chambre retourna vers Fleur-d’Épine, et revint aussitôt avec lui.

— Votre tournure et votre bonne mine me plaisent, lui dit la princesse, et je vous ai fait appeler pour vous demander si vous voulez remplacer auprès de moi et de mes sœurs le page qui est parti hier.

— Certainement, princesse, répondit-il, et je m’en trouverai très honoré.

Le voilà donc installé à la cour de l’empereur de Russie, n’ayant rien autre chose à faire, tous les jours, qu’accompagner les princesses, dans leurs promenades. Celles-ci devinrent bientôt amoureuses de lui, si bien qu’il les rendit mères toutes les deux. Il en conçut de l’inquiétude et crut prudent de partir, avant que l’empereur fût instruit de ce qui s’était passé. Il annonça donc aux princesses qu’il s’était engagé à exécuter un long et périlleux voyage, et qu’il était obligé de les quitter, pour ne pas manquer à sa parole. Elles se mirent à pleurer en entendant cela, et le supplièrent de rester. Mais, il ne les écouta pas.