Page:Luzel - Contes populaires, volume 1, 1887.djvu/339

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ses filles de la rencontre qu’il avait faite, et leur dit qu’il fallait qu’une d’elles épousât le loup gris, si elle tient le voir vivre.

— Épouser un loup ! s’écrièrent les deux aînées ; fi donc ! vous avez sans doute perdu la tête !

La plus jeune, qui aimait son père plus que les deux autres, dit alors :

— Eh bien ! mon père, je l’épouserai, moi !

Le jour du mariage fut fixé, et, à l’heure convenue, le loup se trouva pour conduire sa jeune fiancée à l’église. Elle était belle et rougissante, comme le jour naissant, et tout le monde s’étonnait de la voir marcher à l’église à côté d’un loup.

Le prêtre monta à l’autel et commença la messe ; et, à mesure qu’il avançait, les assistants remarquaient avec étonnement que la peau du loup se fendait sur son dos ; et quand elle fut terminée, à la place du loup, on vit un prince magnifique.

La cérémonie terminée, on retourna à la ferme du vieux paysan, un peu plus gai qu’on n’en était parti, et on célébra les noces par des festins et des jeux de toute sorte.

Les deux sœurs aînées étaient déjà jalouses de leur cadette. Celle-ci vivait enfermée et heureuse avec son époux, et au bout de neuf à dix