Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/111

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Et il s’en alla, les laissant tous plus étonnés et plus désappointés les uns que les autres. Il revint tout droit à la maison. Quand il arriva, son père lui demanda :

— Eh ! bien, mon fils, as-tu vu ton frère aîné, l’évêque de Quimper, et que t’a-t-il dit ?

— Oui, mon père, j’ai vu mon frère aîné, l’évêque de Quimper, et, en vérité, j’ai vu peu d’ânes de sa force.

— Dieu, mon fils, que dis-tu là ? Parler ainsi d’un évêque !

— Je ne dis que la vérité, mon père : mais, je veux aller, à présent, voir mon autre frère, l’évêque de Tréguier ; peut-être celui-là sait-il quelque chose.

Et il prit la route de Tréguier, son penn-baz de chêne à la main. A Tréguier, il arriva de point en point comme à Quimper, et je crois inutile de répéter ce que j’ai déjà dit.

Le docteur Coathalec (car, à présent, on l’appelait docteur) revint au manoir de Kerméno.

— Eh bien ! mon fils, lui demanda son père, en le revoyant, comment se porte ton frère, l’évêque de Tréguier ?

— Il est en bonne santé, mon père, mais, aussi âne que l’évêque de Quimper ; je n’ai pu rien tirer de bon de lui. Je veux, à présent, voyager, pour voir si je trouverai quelque part des hommes d’esprit et de vrais savants.