Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/115

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Le Drégon entra le premier dans le cabinet. Il y avait là toutes sortes de livres de sorcellerie et de magie, qu’il ne put lire, sans que son sang se glaçât d’horreur, mais où il apprit aussi beaucoup de secrets précieux. Quand il eut été trois mois dans le cabinet, il en sortit et dit au docteur Coathalec :

— A votre tour, à présent. Nous sommes mal tombés ici, je crois, et je crains bien que nous n’en sortions pas facilement !

— Bah ! nous verrons bien cela, dit le docteur, sans s’effrayer, et il entra dans le cabinet. Il y resta trois mois, étudiant constamment, et, les trois mois accomplis, il dit au Drégon :

— A votre tour de rentrer dans le cabinet. Mais, le Drégon ne voulait plus y rentrer, car il craignait d’y être pris, quand le maître arriverait. Voyant cela, Coathalec, qui n’avait peur de rien, y rentra, et il y resta encore six mois à étudier. Jugez de ce qu’il devait savoir, à présent, lui qui était déjà si savant, auparavant !

La veille du jour où le maître devait arriver, il appela le Drégon et lui dit :

— Le maître doit arriver demain matin ; moi, je resterai dans le cabinet pour l’attendre. Quant à vous, prenez cette baguette blanche, — et il lui présenta une baguette blanche, — frappez-en un coup sur la terre, en disant : « Par la vertu de