Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/137

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— Je le veux bien, répondit le roi, à qui il déplaisait aussi de laisser sa couronne à un bossu.

— Faites-nous connaître la seconde épreuve.

— Eh ! bien, à qui m’amènera le plus beau cheval.

Et les trois frères se remirent en route, chacun de son côté. Les deux aînés se rendirent, comme devant, chez leurs maîtresses, et le bossu prit encore le chemin de la lande où il avait rencontré la belle jeune fille, qui lui avait valu sa première victoire. Quand il y arriva, après beaucoup de mal, il entendit la même voix qui chantait sa chanson. — Bien ! se dit-il, rassuré et plein d’espoir. Et il se hâta de se rendre à la maison d’argile de la belle chanteuse.

— Bonjour, dit-il en entrant ; je viens encore vous voir.

— Bonjour, fils cadet du roi, répondit la jeune fille ; je sais pourquoi vous revenez ! Vos frères, battus à la première épreuve, ont demandé qu’il en soit fait trois, et la seconde consiste à amener à votre père le plus beau cheval.

— C’est vrai ; mais, comment me procurer un beau cheval, sans argent ?

— Vous avez bien pu avoir la plus belle toile, sans argent ; pourquoi ne pourriez-vous pas avoir également le plus beau cheval, sans argent ? Res-