Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/152

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Le pâtre fit ce qu’on lui commandait, et la souris monta sur le dos du coq, prit entre ses pattes de devant la bride en écorce de saule et partit pour la cour d’Espagne. Elle alla passer, dans cet équipage, devant le château de la sorcière qui l’avait métamorphosée en souris. Il y avait là une mare bourbeuse, et le coq ne voulait pas y entrer. La souris avait beau lui crier : Hop ! hop !... en avant !... quand il avait fait un pas en avant, il en faisait deux en arrière. La sœur de la sorcière était à sa fenêtre, et, en voyant ce manège, elle partit d’un grand éclat de rire, qui fit retentir tous les échos du château. La sorcière accourut et, voyant ce qui avait fait rire sa sœur, elle dit à la souris ;

— Le charme est rompu ! Je t’avais métamorphosée en souris, jusqu’à ce que j’entendisse rire ma sœur. Elle a ri, et te voilà délivrée. Dès à présent, tu deviens la plus belle princesse qui soit sous le regard du soleil, et ta bride se change en un beau carrosse doré et le coq rouge devient un cheval superbe.

Et, en effet, tout ce changement s’opéra, en un clin-d’œil.

— Va maintenant, ajouta la sorcière, va à la cour du roi ton beau-père, et ne crains pas qu’il y arrive une autre plus belle que toi.

La princesse continua sa route, dans ce brillant