Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/153

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équipage, et eut bientôt atteint son mari, qui ne se pressait pas.

— Comment, vous n’en êtes encore que là ! lui dit-elle.

Le prince, étonné et ne reconnaissant pas sa femme, dans une si belle princesse, ne répondit pas.

— Allons ! reprit-elle, venez dans mon carrosse, à côté de moi, et laissez là votre vilaine charrette et la rosse qui vous traîne.

— Ne vous moquez pas de moi, princesse, répondit-il enfin, parce que votre carrosse est plus beau et votre cheval meilleur que le mien.

— Mais regardez-moi donc bien et reconnaissez votre femme.

— Non, vous n’êtes pas ma femme, malheureusement ; ma femme est la fille du roi de France, et elle a été métamorphosée en souris, par une méchante sorcière : quoi qu’il en soit, je l’aime comme elle est.

La princesse lui conta alors comment les choses s’étaient passées, et finit par le convaincre, bien qu’avec peine, qu’elle était réellement la fille du roi de France, sa femme.

Ils continuèrent ensuite la route, dans le carrosse doré, tout resplendissant de lumière, et arrivèrent bientôt à la cour du roi d’Espagne. Leur arrivée fit sensation, et ou ne pouvait se lasser