Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/164

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— Dieu veuille, se dit-il encore, en soupirant, que la vieille ne m’ait pas trompé avec son sifflet !

Le temps était beau, le ciel bleu, le soleil brillant, et il se mit à cueillir des mûres noires et des noisettes, dans les haies et les buissons.

Au coucher du soleil, il tira son sifflet de sa poche, le considéra quelque temps, et y souffla trois fois, avec émotion. Aussitôt les écureuils accoururent et se groupèrent autour de lui, doux et dociles comme des moutons. Et le voilà rassuré et tout joyeux.

Et il retourna au palais du roi, en chantant et suivi de ses écureuils, qui sautaient et cabriolaient autour de lui. Grand fut l’étonnement de tous, à cette vue. On compta les écureuils : il n’en manquait pas un.

Le Prince-Bleu et la princesse étaient fort désappointés, et ils se regardaient et se demandaient : Que faire ? Il doit y avoir de la sorcellerie là-dessous !

— Il faudra, dit le prince, l’envoyer encore demain au bois, avec les écureuils, pour voir s’il les ramènera tous, comme aujourd’hui.

Le lendemain matin, donc, Tugdual retourna au bois, avec ses écureuils, mais, en chantant et exempt de toute inquiétude, cette fois. A midi, la princesse envoya une de ses femmes lui porter à dîner, en lui recommandant d’acheter un écu-