Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/177

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Non, pas de baiser.

— Alors, je garde mon sifflet.

— Eh bien, je t’apporterai les cent écus, demain, et tu me donneras ton sifflet, c’est entendu.

Et elle s’en alla là-dessus. En arrivant au château, elle courut à la chambre du seigneur, où se trouvait aussi sa fille, et leur dit :

— Ah ! pour le coup, vous avez trouvé un bon gardeur de perdrix ! Celui-là a un petit sifflet d’argent, et quand il y souffle, les perdrix arrivent aussitôt et rentrent dans leur cage, accompagnées de plusieurs autres. Je l’ai vu, et vous allez le voir revenir, ce soir, avec ses perdrix dans sa cage.

— C’est donc un sorcier ? dit le seigneur ; nous verrons bien.

Au coucher du soleil, Laouic rentra avec ses perdrix, dans la cage, et d’autres avec elles. Le seigneur le félicita.

Le lendemain matin, il retourna à la grande lande, avec ses perdrix. La servante vint encore lui apporter son dîner, à midi.

— Voici les cent écus, lui dit-elle, donne-moi ton sifflet.

— Et le baiser ! il me le faut aussi.

— Puisqu’il le faut, répondit-elle, en rougissant ; et elle se laissa faire.