Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/235

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tait de ce qu’il était devenu. Un jour pourtant, le roi demanda à ses deux aînés :

— N’avez-vous pas rencontré aussi, quelque part sur votre chemin, votre frère cadet ?

— Non, père, nous ne l’avons pas vu ; où donc est-il allé ?

— Il a voulu partir aussi pour la Hongrie.

— Voyez donc ! lui !... Nous n’avons entendu parler de lui, nulle part.

Et on ne parla plus du pauvre bossu.

Cependant il continuait patiemment sa route et finit par arriver aussi, quelque jour. Et voilà les deux princes aînés bien embarrassés, car ils espéraient bien ne plus jamais le revoir.

— Bonjour, mon père, me voici de retour, dit-il, en se présentant devant le vieux roi.

— Ah ! te voilà aussi, toi !... Je croyais bien ne plus ne te revoir, car tes deux frères, qui arrivent de la Hongrie, n’ont pu me donner aucune nouvelle de toi.

— Vraiment ?... Mais, je suis heureux de vous retrouver en bonne santé, mon père.

— Oui, me voici aujourd’hui aussi bien portant que je le fus jamais, grâce au dévouement de tes deux aines, qui, au prix de beaucoup de mal et d’épreuves de toute sorte, m’ont rapporté le remède merveilleux de la princesse de Hongrie. Voilà deux fiers hommes, ceux-là ! S’il