Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/27

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arrêté dans sa marche. Il passe pourtant et se reforme de l’autre côté.

— Regardez derrière vous ; que voyez-vous ? dit encore Mabic à la princesse.

— Je vois le même nuage, qui s’avance sur nous, plus menaçant que jamais.

— Jetez l’étrille à terre, vite !

Elle jeta l’étrille, qui se changea aussitôt en une belle chapelle et Mabic devint un prêtre officiant à l’autel, et la princesse et le petit cheval noir devinrent un saint et une sainte, dans leurs niches, des deux côtés de l’autel.

Le magicien est étonné de voir cette chapelle, qu’il ne connaissait point. Il descend de son nuage pour la visiter et regarde longtemps la sainte, si jolie dans sa niche, et qu’il croit reconnaître. Il s’attarde à la regarder, et, quand il sort enfin de la chapelle, il se dit :

— J’ai eu tort d’entrer dans cette chapelle ; il ne me reste, à présent, qu’à m’en retourner à la maison.

Et il s’en retourne, en colère, et avec un vacarme terrible.

Nos fugitifs revinrent aussitôt à leur forme naturelle et sortirent bientôt du domaine du magicien, qui perdait dès lors tout pouvoir sur eux. Ils se séparèrent alors. La princesse se rendit chez son père, en Espagne, et Mabic et son petit cheval