Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/321

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Voilà la princesse fort en peine, car le charbonnier était laid et mal élevé, autant que le prince était beau, intelligent et galant.

On s’occupa immédiatement des préparatifs de la noce.

Le charbonnier se croyait sûr de son affaire, et se vantait partout, à qui voulait l’entendre, en racontant les péripéties de son combat avec le serpent, quand le berger se présenta aussi, avec un petit sac sur l’épaule, et demanda à parler au roi, en la présence de la princesse et de son prétendu sauveur.

Le roi leur donna audience, devant toute la cour.

Le berger dit que c’était lui, et nul autre, qui avait tué le serpent et délivré la princesse.

— Comment oses-tu parler de la sorte, méchant imposteur ? Ne l’écoutez pas, sire, et faites-le mettre en prison, s’écria le charbonnier.

La princesse, qui avait reconnu son sauveur, se leva alors et dit :

— Oui, mon père, c’est lui ! Je le reconnais bien ; c’est lui qui a combattu pour moi et tué le serpent.

— Qu’il le prouve, alors, cria le charbonnier ; voici ma preuve, à moi ! Qu’il en donne une meilleure, s’il le peut.

Et il tira de son sac les têtes du serpent.