Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/361

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qu’à la condition être transporté jusqu’au château aérien, d’être aidé et protégé par celle dont on tient le vêtement, et de l’épouser ensuite. Il n’y a pas d’autre moyen.

Pipi écouta attentivement les paroles de sa grand’mère et ne fit que rêver, toute la nuit, des femmes-cygnes et de leur palais.

Le lendemain matin, il partit avec ses moutons, comme à l’ordinaire, mais, bien décidé à tenter l’aventure. Il alla se cacher parmi les saules et les aunes qui bordaient l’étang, et, à l’heure accoutumée, le ciel s’obscurcit et il vit trois grands oiseaux blancs, aux ailes énormes, qui planaient au-dessus de l’étang. Ils s’abattent sur le rivage, leurs peaux s’entr’ouvrent, et il en sort trois jeunes filles, d’une beauté merveilleuse, qui se jettent aussitôt à l’eau et se mettent à nager, à se poursuivre et à folâtrer. Pipi était à son affaire ; sans s’attarder à regarder les belles baigneuses, il s’empara de la peau emplumée de l’une d’elles. C’était celle de la plus jeune et la plus jolie des trois. Elles l’ont aperçu et, sortant aussitôt de l’eau, elles se précipitent sur leurs vêtements de plume. Les deux aînées trouvent bien les leurs, mais l’autre, voyant le sien entre les mains de Pipi, court à lui en criant :

— Rends-moi mon vêtement.

— Oui, si vous voulez me porter jusqu’au palais de votre père.