Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/371

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terre, leurs peaux se fendent, et il en sort trois jeunes filles, d’une beauté merveilleuse. Elles s’assoient sur leurs sièges dorés, un moment, puis entrent dans l’eau. Charles sort alors de sa cachette, court à la plus jeune et saute sur ses épaules. Celle-ci pousse un cri, sort de l’eau, rentre dans sa peau de plume et s’élève en l’air, en l’emportant. Les deux autres la suivent. Elles arrivent au château de leur père, suspendu entre le ciel et la terre. Barbauvert reconnaît Charles et lui dit :

— Ah ! c’est vous, fils du roi de France ? Vous venez me payer votre dette ?

— Oui, répondit-il, le moment est venu, je crois ?

— Oui, et vous avez bien fait de venir, car, s’il m’avait fallu aller vous chercher, vous auriez eu lieu de le regretter. Suivez-moi.

— Attendez jusqu’à demain, mon père, dit à Barbauvert la plus jeune de ses filles.

— Eh bien soit ! attendons jusqu’à demain, puisqu’il est venu de lui-même.

La plus jeune des filles de Barbauvert s’appelait Koantic. Charles lui avait raconté son aventure et le but de son voyage, et elle avait promis de s’intéressera lui. Dès qu’il se fut retiré dans sa chambre, après souper, elle alla le trouver et lui dit :