Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tentation et de toucher ou emporter quelque chose. Enfin, il sortit de la dernière salle et entra dans le jardin. Là, il aperçut une autre merveille, qui l’éblouit plus encore que toutes celles qu’il avait vues jusqu’alors : c’était la fille du roi d’Espagne, au milieu des fleurs et des oiseaux, qui chantaient et voltigeaient autour d’elle. Calaman resta d’abord à la contempler, immobile et la bouche béante. La princesse elle-même fut bien étonnée de cette apparition inattendue. La mine du jeune prince lui plut, et elle lui sourit. Enhardi par cet accueil, il lui adressa la parole, le plus gracieusement qu’il put. Enfin, ils se plurent réciproquement, et leur complot fut vite formé pour tromper la surveillance du magicien, mettre en défaut sa science et quitter ensemble le château.

— J’ai étudié les livres de Marcou-Braz, dit la princesse ; j’en sais aujourd’hui aussi long que lui, sinon plus, et si vous vous conformez de point en point à mes instructions, nous pourrons lui échapper. N’ayez donc pas peur. Quand il arrivera, ce soir, je vous présenterai à lui, comme mon cousin, et il vous épargnera, à ce titre. Mais, demain matin, il vous mettra à l’épreuve, et c’est là que je vous viendrai en aide et qu’il faudra m’obéir.

En effet, au coucher du soleil, le géant rentra,