Page:Luzel - Contes populaires, volume 2, 1887.djvu/42

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Mais, la princesse, qui était à sa fenêtre, évoqua, par sa science magique, cinq cents autres hommes armés, qui se précipitèrent sur les premiers et les exterminèrent ; puis, ils retournèrent dans le bois et redevinrent arbres, comme devant.

— Ah ! malheureuse, s’écria le magicien, en se tournant vers la princesse, qui était toujours à sa fenêtre, tu m’as trahi ! Mais demain, il faudra combattre contre ma mère, qui n’est pas venue sur la terre depuis cinq cents ans.

Le lendemain matin, Calaman se trouva encore, dans la cour, en présence d’un énorme dragon à sept têtes, contre lequel il lui fallait combattre. Il se crut perdu, pour le coup. Heureusement que la princesse était encore à sa fenêtre, l’encourageant du regard et de la voix. Sur son conseil, il sauta sur le dos du monstre et, avec une épée trempée dans du sang d’aspic, et qu’il avait reçue d’elle, il lui coupa d’abord la queue, puis la tête du milieu ; après quoi, il n’eut pas de peine à abattre également les autres têtes. La terre s’entrouvrit alors et engloutit le dragon.

Le magicien lança un regard furieux à la princesse et dit :

— Ah ! maudite sorcière ! Mais, nous verrons demain !...

— Demain, dit la princesse à Calaman, quand elle put lui parler, il vous faudra combattre contre