Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/105

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Cette nuit, là princesse quitta le palais, comme à l’ordinaire, et lorsqu’on voulut rechercher ses traces, on fut étonné de trouver une couche de farine uniforme sur toutes les rues de la ville.

— Il y a de la sorcellerie là-dedans ! s’écria le roi.

On eut encore recours à la vieille sorcière du bois.

— J’ai affaire, dit alors celle-ci, à forte partie ; mais, laissez-moi faire, car je prétends que personne ne me vaincra, en fait de sorcellerie.

La nuit suivante, la sorcière fit suivre la princesse par une boule rouge enchantée, qui devait marquer la porte de la maison où elle entrerait. Le lendemain matin, les gardiens préposés à la surveillance de la princesse se mirent en quête, et ils découvrirent une croix rouge au bas de la porte de la neuvième maison de la grand’rue.

— C’est ici ! s’écrièrent-ils, à cette vue. C’était, en effet, l’hôtel où était logé Iann Pendir... Ils pénétrèrent dans la maison, la fouillèrent, et, ne trouvant d’autre personne suspecte que lui, ils le garottèrent et l’amenèrent au palais du roi.

Le pauvre Iann fut condamné à être décapité, le lendemain, à dix heures, sans autre forme de procès.