Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/110

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particulier que, quand il le mettait sur sa tête et disait : « Par la vertu de mon chapeau, que telle ou telle chose soit ! » tous ses désirs étaient aussitôt accomplis.

Enfin, le troisième avait un bâton, et quand il le tenait à la main et dirait : « Bâton, fais ton devoir ! » il faisait cent lieues, à chaque fois.

Il s’agissait de s’entendre sur la possession de ces trois talismans, et de faire la part de chacun ; et ils ne pouvaient y réussir. Dès qu’ils aperçurent Iann, ils tombèrent d’accord pour le faire l’arbitre de leur différence.

— Voici un chrétien, se dirent-ils ; il y a trois ans que nous n’en avons vu aucun ; prenons-le pour arbitre.

Ils allèrent à lui tous les trois, et lui expliquèrent le sujet de leur désaccord, en le priant de mettre la paix entre eux.

— Rien n’est plus facile, comme vous allez le voir, leur répondit Iann. Mais, pour juger en connaissance de cause, il faut d’abord que j’aie le manteau sur mes épaules, le chapeau sur la tête et le bâton à la main.

Et les trois inconnus lui donnèrent le manteau, le chapeau et le bâton.

— A merveille ! se dit-il alors. Adieu, imbéciles ! Attendez-moi-là !