Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/151

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rage, la méchante, et jurait de se venger, d’une façon terrible.

En effet, avant même de rentrer à la maison, elle alla trouver une vieille sorcière, son amie, qui habitait dans un bois voisin. Elle lui conta sa mésaventure, et la vieille diablesse la rassura et lui promit de mettre toute sa science à son service et de la traiter en amie.

— Retournez à la maison, lui dit-elle, tuez un chat noir, qui est dans votre château, arrangez-le comme un civet de lièvre, donnez-en à manger à la belle Yvonne, et ne vous inquiétez plus d’elle. Elle trouvera le mets délicieux, elle se couchera, sans se douter de rien, et le lendemain, vous la trouverez morte dans son lit.

— C’est bien, répondit la méchante.

Et elle embrassa son amie la sorcière, et revint à la maison.

En arrivant, elle attrapa elle-même le chat noir, le tua, l’écorcha, et le fit cuire en guise de civet de lièvre. Puis, quand elle le jugea cuit à point, elle mit le ragoût sur un plat, et alla elle-même le porter à Yvonne, dans sa chambre.

— Comment êtes-vous, ma fille ? lui dit-elle, d’un air hypocrite, et en simulant les meilleurs sentiments à son égard : nous avons aujourd’hui du lièvre à dîner, et, comme je sais que vous