Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/155

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barque, poussée par une bonne brise de terre, s’éloigna promptement, emportant la pauvre fille, malgré ses cris et ses lamentations. Suivons-la et laissons la méchante marâtre et sa fille ; nous les retrouverons plus tard.

Après avoir erré plusieurs jours et plusieurs nuits, au gré des flots et des vents, l’embarcation aborda enfin à une petite île. Yvonne, qui se croyait perdue, reprit espoir, et elle se mit à parcourir l’île, à la recherche de quelque habitation. Mais, elle ne trouva ni habitation, ni habitant ; l’île était déserte. Comme elle marchait, triste, sur le rivage, elle aperçut, parmi les rochers, quelque chose qui ressemblait à la porte d’une habitation humaine. Elle s’en approcha, y heurta d’un bâton qu’elle avait à la main, et la porte céda facilement. Elle vit alors une grotte, qui paraissait habitée, avec quelques ustensiles indispensables, comme une marmite et un pot à eau, une écuelle et des plats de bois, et enfin un lit assez convenable ; mais, aucun être vivant, par ailleurs.

— C’est sans doute un ermitage, se dit-elle.

Et elle s’assit sur un escabeau, pour attendre l’ermite, qu’elle présumait s’être retiré dans cette solitude, pour faire pénitence. Mais, après avoir attendu assez longtemps, comme personne ne venait et qu’elle avait faim, elle alla se promener