Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/156

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sur le rivage. Elle y trouva en abondance des coquillages de toute sorte, qu’elle mangea tout crus. Puis, au coucher du soleil, elle revint à la grotte, et n’y trouva personne encore. Comme elle était fatiguée, elle se résolut alors à se coucher tout habillée sur le lit. Elle dormit, toute la nuit, d’un fort bon sommeil, et lorsqu’elle s’éveilla, le lendemain matin, elle était toujours seule.

— Décidément, se dit-elle, l’ermitage est abandonné, et je n’ai rien de mieux à faire que de m’y établir.

Toute la journée, elle explora son île, et put s’assurer qu’elle était complètement inhabitée. Elle recueillit des coquillages sur le rivage et les cuisit, pour son repas. Puis, elle se coucha, plus rassurée que la veille, et dormit jusqu’au lendemain matin, sans que rien vînt encore troubler son sommeil.

L’île produisait aussi quelques fruits, de sorte qu’elle trouva assez facilement sa nourriture de chaque jour ; d’un autre côté, elle n’y avait aperçu ni entendu aucune bête fauve, qui pût lui inspirer de la crainte. Elle était donc réellement maîtresse et reine de l’île, et, n’était la solitude complète dans laquelle elle se trouvait, elle ne croyait pas avoir lieu de regretter la maison de sa marâtre.

Au bout de trois semaines de cette existence,