Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/157

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un jour elle se sentit bien malade. Elle attribua son mal aux coquillages ou aux fruits qu’elle avait mangés. Mais, quel ne fut pas son étonne-ment, lorsqu’elle découvrit qu’elle était enceinte ! Elle ne pouvait s’expliquer son état. Elle accoucha avec de grandes douleurs, et donna le jour... à un petit Chat noir. Elle n’osait d’abord en croire ses yeux ; cependant, lorsqu'il lui fut bien démontré que c’était bien un chat et non un enfant, elle dit avec résignation :

— C’est Dieu qui me l’a donné ; je dois donc le recevoir, sans me plaindre, comme venant de lui, et le traiter comme mon enfant, puisque c’est sa volonté.

Elle présenta le sein au petit Chat, et il téta, tout comme un enfant. Elle s’habitua prompte-ment à le considérer comme son fils, et elle l’aima tout de même. Elle jouait et se promenait avec lui, dans son île, et c’était pour elle une distraction et une société, dans sa solitude. Le Chat grandissait vite et faisait preuve de beaucoup d’intelligence. Au bout de deux ou trois mois, c’était un magnifique Chat noir, comme il était rare d’en voir. Un jour, au grand étonnement de sa mère, il lui parla de la sorte, tout comme un homme :

— Je sais, ma pauvre mère, tout ce que vous avez souffert jusqu’aujourd’hui, pour moi, et la