Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/160

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mais, elle fut bien étonnée de l’entendre lui demander, sans s’émouvoir :

— Monseigneur Rio est-il à la maison ?

Elle laissa son balai tomber à terre, d’étonnement, puis, comme le Chat renouvelait sa demande, elle répondit :

— Non, il n’est pas à la maison, pour le moment, mais il rentrera bientôt, pour dîner.

— Je n’ai pas le temps d’attendre, reprit le chat, aussi, je vous prie de me mettre, vite, dans mon bissac, ce poulet que je vois à la broche, avec une bonne tranche de lard.

— Comment, comment, vous donner ce poulet, qui est le diner de mon maître ? N’espérez pas cela, monsieur le chat.

— Il me le faut pourtant ; et de plus, je veux aussi du pain blanc et une bouteille de vin vieux, et vous voudrez bien me mettre tout cela dans mon bissac.

Comme la cuisinière hésitait, le Chat débrocha lui-même le poulet, puis il prit une bonne tranche de lard cuit, qui était dans un plat, sur la table de la cuisine, avec une bouteille de vin vieux, qui était à côté, mit le tout dans son bissac, le chargea sur ses épaules et partit, en disant au revoir à la fille, tout ébahie de ce qu’elle voyait et entendait, — car il comptait revenir. Il se glissa le long des murs des jardins et derrière les haies, arriva sans