Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/161

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accident sur le rivage, se jeta à la mer, et ne tarda pas à se retrouver dans l’île, auprès de sa mère. Celle-ci l’attendait, sur le rivage, et n’était pas sans inquiétude. Aussi, quand elle l’aperçut, qui nageait vers elle, poussa-t-elle un cri de joie.

— Que je suis heureuse de te revoir, mon fils ! lui dit-elle, en l’embrassant tendrement, quand il prit terre.

— Voyez, mère, lui dit le Chat, en entr’ouvrant son bissac, je vous apporte des provisions, comme je vous l’avais promis, et ceci est un peu meilleur, je pense, que les brinic (patèles), les moules et autres coquillages qui, depuis trop longtemps, font notre unique nourriture ; régalons-nous donc, et, quand il n’y en aura plus, je sais où il y en a encore.

Et ils se régalèrent, en effet, pendant que durèrent les provisions.

Cependant, quand le seigneur Rio rentra chez soi, pour dîner, voyant qu’il n’y avait rien ni sur la table, ni au feu, il demanda avec humeur à sa cuisinière, qui n’était pas encore revenue de son ébahissement :

— Comment, le dîner n’est donc pas prêt ? Et moi qui craignais d’être en retard ! A quoi avez-vous donc passé votre temps ?

— Ah ! mon maître, répondit la pauvre fille, si vous saviez ce qui s’est passé ici ?