Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/162

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— Quoi donc ? qu’est-il arrive d’extraordinaire ?

— Il est venu ici un gros Chat noir, portant un bissac sur ses épaules, et il m’a dit (car c’est un sorcier ou un magicien, pour sûr) qu’il lui fallait le poulet qui était à la broche, pour votre dîner, avec une bonne tranche de lard, du pain blanc et une bouteille de vin vieux ; et, comme j’avais pris mon balai pour le chasser, il sauta sur le poulet, le débrocha lui-même, et le mit dans son bissac ; puis, il y mit encore une tranche de lard cuit, une bouteille de vin vieux, et partit ensuite, emportant le tout et en me promettant qu’il reviendrait, sans tarder.

— Comment, comment ? Quel conte me faites-vous là î Vous me prenez donc pour un imbécile ?

Et voilà le seigneur Rio en colère. Mais, la cuisinière affirma avec tant d’assurance qu’elle ne. disait rien qui ne fût rigoureusement vrai, et elle pleura tant, que son maître se calma, et, comme le Chat avait promis de revenir, sans tarder, il ne quitta plus la maison, afin de pouvoir s’assurer par lui-même de ce qu’il fallait croire d’une si singulière aventure.

Quand les provisions furent épuisées, dans l’île, ce qui ne tarda pas à arriver, le Chat remit son bissac sur ses épaules et se dirigea de nouveau