Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/20

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de leurs niches, pour venir te saluer, en te demandant : « Qu’y a-t-il pour votre service, maître ? »

— Est-ce bien vrai ?

— Aussi vrai que ta serviette nous a donné un excellent repas.

Crampouès fut séduit par la pensée de pouvoir commander cinq cents cavaliers, et il céda sa serviette (désormais nous appellerons ainsi son chiffon), en échange du bâton du vieillard. Puis, ils s’en allèrent, chacun de son côté.

Tout en marchant, Crampouès se disait à lui-même :

— J’ai peut-être mal fait de céder ma serviette ; Marie m’avait bien recommandé de ne jamais m’en dessaisir ; je crains qu’il m’en arrive malheur. J’en ai du regret, et je voudrais bien la ravoir. Mais, comment faire pour cela ? Car je voudrais bien, en même temps, garder mon bâton, qui peut m’être si utile pour voyager... Mais, j’y songe : si ce que le vieillard m’a dit est vrai, je n’ai qu’à envoyer les cinq cents cavaliers me chercher ma serviette ! Voyons un peu : « Bâton, ouvre-toi ; cavaliers, sortez ! »

A peine eut-il prononcé ces mots, que cinq cents petites portes s’ouvrirent, dans le bâton, et il en sortit cinq cents cavaliers, magnifiquement montés et équipés. Leur chef demanda à Cram-