Page:Luzel - Contes populaires, volume 3, 1887.djvu/206

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vant le géant, qui s’apprêtait à boire, quand il s’écria, en reniflant :

— Que signifie ceci ? Ce vin sent le chrétien ! Il y a un chrétien ici ! Où est-il ? Je veux le voir, à l’instant !

— C’est mon frère, qui est venu me voir ; ne lui faites pas de mal, je vous en prie.

— Si c’est votre frère, je ne lui ferai pas de mal ; nous avons de quoi souper, du reste ; présentez-le-moi, pour que nous fassions connaissance ensemble.

Et elle alla le chercher, derrière les tonneaux, l’amena par la main et le présenta au géant.

— Il est fort gentil, votre frère, dit celui-ci, et je ne lui ferai sûrement pas de mal. Et s’adressant à Malo : — Assieds-toi là, beau-frère, à côté de moi, bois un coup de vin et causons. Comme tu t’es donné du mal, depuis quelques jours, à courir après le Lièvre argenté !

— C’est vrai, répondit Malo ; je voudrais bien pouvoir le prendre !

— Ah ! mon pauvre ami, toi prendre le Lièvre argenté ! Songe donc que voici plus de mille ans que je cours inutilement après lui, et que je ne suis pas encore parvenu à savoir où il se retire, quand je perds sa trace.

— N’importe, dit Malo, je veux le poursuivre encore, pour voir...